Après quelques minutes, le paysage change un peu. La forêt de sapin est toujours là mais à présent c'est
un dédale de pierre qui se trouve devant Kujata et Basara. Nos deux hommes arrivèrent rapidement
face à une grotte. De la vapeur ainsi qu'une lueur rougeoyante s'en dégage...
- Ben dit donc, lorsqu'il a dit au nord, c'était vraiment pile au nord. Voilà un charmant endroit où
règne une bouillante humidité. Ca ne donne vraiment pas envie de le visiter... sifflote Kujata.
– On entre ? la voix de Basara montre son envie très pressée d'action.
– Tu entres en premier... A moins que tu veuilles me laisser la main ?
– Non, non ! J'y vais, j'y vais !
Les deux personnages s'engrottent. Plus ils continuent, plus une chaleur étouffante se fait ressentir. La
vapeur empêche d'y voir clairement et l'éblouissement provoqué par la lumière rouge n'arrange rien.
s'ils avaient eu des lunettes, ils auraient dû enlever la buée dessus toutes les cinq secondes. Hin. Hin. Hin.
– J'ai chaud ! Au fait, on est sûr que c'est ici ? la voix de Basara résonne dans la caverne.
– On le saura en cherchant.
– Jûrd !!! Ou es-tu ?
– Bonne idée ça ! Jûrd, es-tu là ?
– Allea, on veut juste te casser la gueule afin de récupérer le pendentif que tu as emprunté ! N'aie pas peur !
- Qui a peur ? Rugit la créature. Sortant du fin fond de la grotte, des flammes se dégagent de son corps
en permanence nous rappelant qu'en enfer, ça chauffe dur.
À sa vue Kujata s'écrie :
– Incroyable ! C'est un démon supérieur ! Mais que peut-il bien faire là ?
– C'est important ou je peux lui massacrer sa tronche ? Rétorque Basara.
– Je suppose que ça ne m'empêchera pas de dormir.
– Pauvres mortels stupides, pensez-vous vraiment que... Le démon n'a pas le temps de finir sa phrase
que Basara lui répond gentiment :
– La ferme !
Basara avait déjà dégainé une épée et saute tête baissée sur le démon. Un combat bruyant a lieu. Les deux
adversaires s'échangent d'un côté de grands coups d'épées et de l'autre de grands coups de griffes et de
dents. Kujata guette la créature.
– Alors... Le torse chevelu, des écailles partout, quatre cornes sur la tête, six mètres de haut, les muscles des bras
du diamètre de celui d'un tronc d'un chêne de trois cents ans, son feu lui sort des papattes, c'est un mâle,
forme humanoïde avec deux rangées de quarante-deux dents de trente centimètres chacune. Une griffe géante de deux mètres sur
chaque main. Mais bien sûr ! Il s'agit de Gaziel le troisième fils du Roi D émon. Pourquoi ne l'ai-je pas
reconnu plus tôt ! Mais que fait-il, ici, dans ce bled pourri ? Kujata met alors ses deux mains autour de sa
bouche pour crier. Hé, Gaziel ! Que viens-tu faire ici ?
– Je suis occupé avec ton pote, tu me le redemanderas plus tard !
– Kujata, arrête de le distraire, il va se plaindre que je l'attaque en traître !
– Tu t'en sors ? Demande innocemment Kujata.
– Les épées orcs de t'à l'heure sont bidons, ça fait la troisième qui se casse lorsque je le tape. J'ai dû reprendre
la mienne.
– Pas la DD j'espère ?
– Non, non. C'est celle du paladin que j'utilisais tout à l'heure contre les orcs.
– Ah oui, je me souviens, c'était le paladin de...
La voix exaspérée du démon résonne dans toute la grotte :
– Si je vous dérange dans votre conversation, faut me le dire. #&µ#*$#!!!
...
– Je rêve ou il m'a coupé la parole ? Tiens ? Il lance le sort Séisme magnitude 9. Il ne craint pas de
mourrir enseveli lui ! Basara, je te laisse, je sors.
– T'es toujours pressé toi !
– Je ne voudrais pas tacher mes vêtements en tissu de poussières d'étoiles. #$¤&£##!!!
-
~¤|° l¤~ }—*—{ !! Séisme ! Mourrez larves humaines !
#&µ#*$# !!!
C'est alors que la terre tremble. La grotte s'effondre. Elle implose, envoyant des dizaines de milliers de
pierres, petites comme des maisons, (vingt mètres de diamètre en moyenne) projetées à des vitesses folles (je
dirais entre mille quatre cents soixante-et-un et mille cinq cents soixante-quatre kilomètres par heure) et dans toutes les directions. Elles réduisent en miettes tout ce
qui croise leurs chemins.
– Basara ! Pense au pendentif !
Un nuage de poussière s'étend sur des dizaines de kilomètres. La forêt est plongée dans l'obscurité.
La voix triomphante de Gaziel se fait entendre :
– Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Le bon vieux coup du séisme suivi de la téléportation. Les voilà ensevelis,
piétinés, écrabouillés ! Ils sont en train de...
– Tousser à cause de la poussière, dit Kujata.
– Sortir des décombres, dit Basara.
– Quoi ?! Je ne comprends pas ! C'est impossible !
– Je n'ai jamais compris ce qu'ils ne comprenaient pas. Qu'est-ce qui est impossible ? Demande Kujata.
– Vous auriez dû mourir ensevelis sous des tonnes de rochers ou alors mort à cause des chutes de
pierres !
– Ben non.
– Mais comment ?
– Ben moi, je me suis téléporté comme toi et Basara...
Les regards se tournent vers Basara, on remarque une épée gigantesque (même pas quatre mètres pour cinquante centimètres,
il exagère toujours ce narrateur) dans ses mains.
–- Ah ! Ah ! Tu t'es protégé avec DD. Tu as perdu, Basara ! C'est à moi. Alors Gaziel, une dernière
chance, soit tu nous donnes le pendentif, soit je t'envoies en enfer. Euh, non... Bref, je te tue.
– D'accord.
– D'accord ?
– Voilà le pendentif, c'est celui d'une paysanne, c'est ça ? Tenez.
Gaziel tend le pendentif à Kujata, ce
dernier l'attrape et dit :
– Ah ? Ben ok, merci de ta coopération.
– On y va ? Le ton de Basara montre bien qu'il n'a pas digéré le fait d'avoir perdu.
– On y va.
– Salut Gaziel, à plus.
– Au revoir. Ce fût un... Hum... Plaisir, répond amicalement le démon.
– Pour nous aussi, à bientôt ! |