Options
Une Aventure
Une Forêt
Avec une quête de 9 pièces d'or pour but, nous retrouvons les deux comparses à la lisière de la forêt. Ils courent sur le chemin de boue sèche. Les bruits de pas sont couverts par le bruit métallique de l'équipement de Basara. Ses roux cheveux au vent, le sourire aux lèvres, Basara déclare, de sa si peu douce voix :

– Neuf pièces d'or ! C'est cool ! Bon ils ont où les gob' ?
– Calme ! Elle a dit quelques kilomètres donc il nous faudra bien dix minutes avant d'y arriver.

Les deux se déplacent dans une forêt où la vue des sapins commence à être lassante. Après quelques minutes de randonnées, on entend "Clic". Kujata intervient immédiatement :

– Stop.
– Quoi ?
– On vient de casser un fil tendu, normalement si on continue, on doit tomber sur des pièges.

Dix mètres devant eux, on assiste à une pluie de carreaux, des dizaines de lances qui sont suivies de nombreuses boules de feu et enfin ce sont six pierres d'une tonne qui s'écrasent sur le chemin.

– Ah non, Kujata. Ce serait des pièges qui nous seraient tombés dessus.
– Voilà, c'est bon, le temps s'est calmé.
– On y va.
– Attends !
– Quoi ?
– Regarde ces carreaux. Ce sont des orcs qui les ont faits.
– Et les lances ? Elles sont orcs elles aussi, non ?
– Oui, et vu la taille des pierres et comment elles ont été taillées, c'est encore du travail d'orcs.
– On ne devait pas tuer des gobelins ?
– Si.
– Il y a des orcs et des gobelins ?
– Possible, mais je pense plutôt que notre paysanne ne s'y connaissait point en morphologie des créatures non-humaines.
– La prochaine fois, tu lui donneras un cours.
– Bonne idée ! Mais il y a un truc qui m'embête.
– Quoi ?
– Les orcs ne font pas de pièges mais des embuscades.
– Mais si, j'ai déjà subi des pièges orcs.
– Oui, je sais. Rappelles-toi où.
– Dans un château, il y a six mois... Heu...
– Dans mon château. Et les pièges étaient là parce que je leur avais ordonné de les faire. Les orcs ne font pas de piège à moins qu'une autre créature qui les commande leur ordonne.
– Ah ouais.
– Donc il n'y a pas que des orcs. De toutes façons nous serons bientôt fixés.
– Ah ouais ?
– Oui, il y a un des deux éclaireurs qui est parti avertir ses compagnons de notre présence.
– Ah ouais ? Attends, deux ? Deux moins un égale... Il en reste un, alors ! Je le tue ?
– Ben, vu que l'autre va prévenir ses copains, je suppose qu'on n'a plus besoin de celui-là.
– Il est où ?
– Le sixième arbre sur ta droite. J'ai dit le sixième, non sur l'autre droite. Oui, celui-là.

Basara arrive près du sapin. D'un coup d'épée, son tronc est coupé. Un grogne-hurlement vibre durant la chute des corps verts. L'orc tombe sur sa nuque en compagnie de l'arbre. Un bruit, mélangeant les craquements de branches et d'os, s'enfonce dans la forêt. C'est alors que notre bûcheron d'un jour donne soixante-quatorze grandioses frappes avec son épée, réduisant l'orc, et l'arbre, en un tas indescriptible de bois et de chair.

Voyant que la charcuterie ne s'arrête pas, Kujata dit d'une voix monotone :

– Tu sais, tu peux t'arrêter. Je ne sais pas si tu es au courant mais il est mort en tombant de l'arbre.
– Ah ? Je suis toujours le dernier au courant. Il aurait pu me le dire lui-même, c't'idiot.

Basara s'arrête enfin de donner des coups. Tous les animaux sur un rayon de cinq cents mètres ont fui... Et, si même il en restait, ce serait à présent l'odeur du cadavre de l'orc qui les repousserait. La discussion se poursuit donc dans le seul bruit des arbres. Tout en haussant ses épaules, Kujata répond alors :

– Bah, tu sais, tu vas pouvoir continuer. Il y a d'autres orcs qui arrivent. Eux aussi vont avoir besoin de ta générosité à l'épée.
– Ils arrivent vers où ?
– Ils sont en train de nous encercler. Hum... Ils vont commencer par te tirer des carreaux de leurs arbalètes puis ils vont t'attaquer pendant que l'un d'eux va essayer de me distraire afin de m'empêcher de te venir en aide.
– Ah ouais !
– Vu leurs mouvements, je suppose que c'est ça.

Quelques secondes plus tard, c'est un peu trop exactement ce qu'il se passe. Des orcs sortent de toutes parts et attaquent immédiatement ! Basara esquive ! Deux projectiles. Détruit trois lances en plein vol. En évite six. Il charge le premier orc devant lui, le coupe en deux d'un geste de son arme. Vingt-et-un orcs et deux moitiés lui ôtent toute retraite. Épées, haches, lances, arbalètes sont dangereusement pointées dans sa direction. Face à Kujata, un seul orc. Vert. Énorme. Armé de deux marteaux de deux mètres dans ses mains. Son haleine et sa bave ont l'air de déranger un tant soit peu Kujata. Ce dernier engage la conversation tout en se pinçant le nez.

– Grogra, je présume ?
– GRAGRO ! Orqume l'orc.
– Gragro, voilà c'est ça... Basara dépêches-toi, je vais avoir du mal.
– Hé ! Pas touche ! Laisse-moi quarante-deux secondes STP, hurle Basara.

Boum, bâm, grr, bîm, scratch, scroutch, bram, plop, groumph, grrr, blam, sprouch, aïe, ouille, arg ! Un spectacle déchirant. Basara s'en sort avec beaucoup de mal, la mort rôde près de lui. Tandis qu'il découpe trois orcamarades, le coup de masse d'un orc lui passe à quarante centimètres. Notre fin escrimeur rend la pareille au masseur mais avec cinquante centimètres de précision supplémentaire. Le coeur est pulvérisé. Trois carreaux volent droit sur Basara. Le corps du sans-coeur est utilisé comme bouclier. Puis jeté sur un arbalestrier. D'un bond, l'épéiste offre aux deux autres le tranchant de son arme. Le coup suivant frappe un arbre, qui s'écroule sur deux autres orcs. Se relevant, le dernier arbalestrier voit une lame lui dire bonjour. Notre épéiste préféré engage le combat avec l'orc à la hache, détourne celle-ci pour la planter dans le lancier derrière lui. L'épée glisse ensuite le long de la trachée de l'orc sans sa hache. Cinq orcs l'encerclent alors.

Esquivant au passage leurs trois coups d'épée et deux jets de lances, le gentil propose une perte de poids rapide à ces cinq messieurs. Une main, trois bras, quatre branches, deux jambes et trois têtes s'envolent. Les derniers orcs fuient. Par gentillesse, notre guerrier leur offre une fuite en enfer rapide.

Après ce passage alternant déforestation et désorcation, voyons comment se débrouille Kujata. Kujata n'attaque pas ! L'énorme orc frappe avec une puissance formidable le sol et les arbres. Ses coups font vibrer l'air avec violence tandis que l'on peut entendre ses puissants grognements :

– GRRR ! GRUNT !
– J'esquive. Raté. Essaye encore. Plus à gauche. Plus à droite maintenant. Trop bas. J'ai dit trop bas, tu m'écoutes quand je te parle ? Raté. Olé. Hop là. À côté ! Presque ! Encore une chance.

Les coups de l'orc frappent avec leur énorme puissance du vent. Si Kujata avait une coiffure digne de ce nom, les coups auraient peut-être réussi à le décoiffer. Quarante-trois secondes passèrent ainsi. Enfin, on entend Basara déclarer :

– J'ai fini !
– Pas trop tôt... Gromelle Kujata. Raté ! Je commençais à... Encore raté ! Perdre patience.

Le corps svelte de Basara arrive alors près de Gragro puis sépare ce dernier de ses jambes et d'une main. Les restes du monstre s'écroulent. La discussion reprend, parasitée par des râlements d'agonie orquiens. Le mécontentement de Kujata se fait entendre :

– Son odeur était insupportable ! Essaye d'aller plus vite la prochaine fois, Basara ! Basara se fait tout petit, reconnaissant qu'il a été un peu lent. Bon, Gragro, excuse-moi, mais on est à la recherche d'un pendentif. Tu peux nous dire où il est STP ?
– GRO GRUM BRASE FOR BUNR ROUP GÛR.
– Il dit qu'il ne comprend pas notre langue et qu'on aille se faire voir. Mais je crois qu'il ment.
– Pourquoi ? Demande Basara.
– Parce que depuis que j'ai traduit ce qu'il a dit son visage a changé de couleur.
– C'est peut-être dû à la perte de sang aussi. Ça n'arrête pas de couler.
– Non, ce n'est pas la même teinte. Même pour un orc. Mais si je lui demande en orc, ce sera plus explicite. Gru Gragro jur pdtfineef jar kou fûr gik ?
– GRUF KOR MOR PDTFINEEF MUR FOS FER ZAGILE.
– Jur hurkan jar hurdia ?
– JÛRD ARRRRRGGGGG...
– Il a dit qu'il a donné le pendentif à Zagile qui se trouve au Nord de la forêt. Traduit Kujata.
– Ah ouais ? Au Nord c'est "Jûrd Arrgg" ?
– Non c'est "Jûrd", je ne sais pas ce que veut dire "arrrggg" en orc.
– Ils le disent souvent pourtant avec moi...
– Pas grave, continuons. On a une grotte à trouver maintenant.

Commentaires
Note globale :

Afficher les commentaires

Quelques modifications ont été apportées au texte pour qu'il soit lisible sans police spéciale (téléchargez le .pdf pour comprendre).
J'adore Kujata :
"– Grogra, je présume ? (en se pinçant le nez).
– GRAGROOOO !!!!"

ptdr
 
Super ! Il me tardait de découvrir ce que tu nous avais concocté Kuja ! Je suis pas déçue. J'en pleure presque de dire en imaginant les scènes ! Vite la suite !

La suite de la quête des 9 pièces d'or. Où l'on constate le rôle de chacun (Basara = muscles, Kuja = cerveau). Vivement la suite ! Kuja ?